Le maintien de Jean-Marc Morandini sur CNews fait débat
Alors que le groupe M6 a pris la décision radicale d’écarter l’une de ses figures de proue, Stéphane Plaza, suite à sa condamnation pour violences conjugales, le contraste est saisissant avec le sort réservé à Jean-Marc Morandini au sein du groupe Canal+.
L’affaire a franchi un cap décisif : la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de l’animateur de C News, rendant ainsi « définitive sa condamnation pour corruption de mineurs ». Le verdict, initialement rendu par la cour d’appel de Paris en mars 2025, est désormais acté.
Jean-Marc Morandini écope de deux ans de prison avec sursis, une amende de 20 000 euros, une inscription au FIJAIS, ainsi qu’une « interdiction définitive d’exercer une profession en contact avec des mineurs ».
Les faits reprochés, qui s’étalent sur la période 2009-2016, concernaient l’envoi de messages à caractère sexuel à des adolescents, dont certains n’avaient que 15 ans, afin d’obtenir des clichés dénudés.
Pourtant, malgré la gravité des faits et une autre condamnation pour harcèlement sexuel liée à des castings de web-série, l’animateur ne quittera pas le petit écran. En 2016, au moment de son embauche sur iTélé (devenue CNews), le groupe Canal+ avait pourtant été très clair, stipulant qu’« en cas de condamnation, Jean-Marc Morandini et iTélé ont d’ores et déjà prévu qu’il quitterait le groupe sans indemnité ». Dix ans plus tard, la promesse semble être restée lettre morte. La direction de la chaîne a d’ailleurs confirmé à l’AFP que l’animateur « reste à l’antenne sur CNews », arguant qu’il continue son combat judiciaire.
Cette décision provoque une vague d’indignation, notamment du côté des parties civiles.
Pour Me Anthony Mottais, l’avocat de l’une des victimes, le maintien à l’antenne est inacceptable : « Il n’est désormais plus présumé innocent. La justice, par trois fois, a reconnu qu’il a fait souffrir des mineurs. Le tout au moyen de son aura médiatique ». Alors que le paysage médiatique semble de plus en plus sévère face aux comportements déviants, la position de CNews crée une jurisprudence particulière, laissant l’opinion publique face à un étrange sentiment de traitement préférentiel.