Patrick Bruel : salles pleines, silence inquiétant… que cache ce soutien massif ?

– par Nora Semlali
Patrick Bruel : salles pleines, silence inquiétant… que cache ce soutien massif ?

Alors que [quatorze femmes mettent en cause le chanteur pour des faits de violences sexuelles, la pièce « Deuxième partie » affiche complet au Théâtre Édouard-VII. Le public parisien semble pour l’heure privilégier la présomption d’innocence de l’artiste.



Le rideau se lève chaque soir devant une salle comble pour Patrick Bruel, actuellement à l’affiche aux côtés de Stéphane Freiss et Marine Delterme. Malgré la gravité des témoignages qui visent l’acteur, l’engouement ne faiblit pas à Paris. Dans les files d’attente du Théâtre Édouard-VII, les spectateurs se montrent catégoriques et rappellent avec insistance qu’« il est présumé innocent », refusant de condamner l’homme avant la justice.

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Sur les réseaux sociaux, ce succès public déclenche une vive polémique et des réactions particulièrement contrastées. Certains internautes dénoncent une forme d’immunité, s’étonnant de l’absence de manifestations féministes devant l’établissement. Des voix s’élèvent pour critiquer un « deux poids deux mesures » et fustigent l’attitude des Parisiens, qualifiée de déconcertante face à la libération de la parole des victimes.

Le débat se déplace également sur la question de la distinction entre l’œuvre et son créateur. Si certains défenseurs de l’artiste appellent à la retenue, d’autres lancent le mot-clé « boycottBruel », exprimant un soutien indéfectible aux femmes ayant eu la force de témoigner. La polémique met en lumière les tensions entre la « Bruel mania » historique des années 90 et les accusations actuelles qui pèsent sur le chanteur.

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Entre incompréhension et fidélité, le public reste partagé. Tandis que des spectateurs continuent de séparer l’acteur du « potentiel forceur », des critiques acerbes pointent du doigt ce qu’elles considèrent comme un privilège protecteur. Pour l’heure, le succès commercial de la pièce « Deuxième partie » prouve que les affaires judiciaires en cours n’ont pas encore entamé le pouvoir d’attraction de Patrick Bruel sur les planches.