Ruth Elkrief : son coup de gueule sur Bruel déclenche une tempête sur LCI
La prise de parole de la journaliste Ruth Elkrief concernant la situation de Patrick Bruel a déclenché une vague de contestations. En dénonçant des dérives médiatiques, l’éditorialiste s’attire les foudres d’observateurs qui pointent du doigt son inconsistance.
Lors de son intervention dans l’émission « 24h Pujadas », sur la chaîne LCI, où elle intervient régulièrement, Ruth Elkrief a exposé sa vision de l’affaire sous le titre « Bruel : la justice, rien que la justice ».
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Elle a notamment déploré les méthodes actuelles : « Théoriquement, je n’aurais rien à en dire. Depuis des années ce sont des procès médiatiques avant des procès judiciaires, qui décident du sort des accusés. »
Cette position a immédiatement fait réagir une partie du public, certains dénonçant la contradiction même de sa démarche.
L’ironie de sa posture est soulignée. Alors qu’elle commence par affirmer n’avoir rien à dire avant de consacrer une dizaine de minutes de temps d’antenne à cette sombre affaire qui ternit l’image de chanteur romantique de Patrick Bruel.
Pour plusieurs internautes, l’argument du procès médiatique s’apparente à de l’hypocrisie face à la parole des femmes. Les reproches fusent contre une logique qui consisterait à encourager les victimes à s’exprimer pour ensuite discréditer leurs soutiens, une démarche perçue comme une volonté de revenir à l’ère du silence précédant le mouvement MeToo.
Le traitement de l’affaire soulève aussi des accusations de partialité et de deux poids, deux mesures. Il est rappellé qu’une telle présomption d’innocence n’avait pas été appliquée à une députée européenne quelques semaines auparavant, dénonçant la mise en branle d’un lobby pour protéger le chanteur.
Enfin, l’attitude de la journaliste réveille de précédents positionnements polémiques. Son parti pris actuel est ainsi comparé par certains à son comportement jugé inadmissible lors de l’affaire DSK, notamment au cours d’un entretien passé avec Alain Finkielkraut sur l’antenne de BFMTV.
Évelyne Sire-Marin, Vice Présidente de la Ligue des Droits de l’Homme, a quant à elle résumé la façon de « prendre » cette affaire touchant une personnalité.
« Il y a la liberté d’expression des femmes » qui « ont le droit de manifester. L’artiste aussi, tant qu’il n’est pas condamné. La présomption d’innocence consiste à ne pas porter atteinte aux droits de façon irrévocable. Ex. : l’empêcher de travailler », a-t-elle déclaré. Et cette posture semble assez juste.
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