Patrick Bruel : « Il faut entendre les deux », le malaise d’Aurore Bergé face aux 18 accusatrices
Invitée à la radio, la ministre Aurore Bergé a réagi aux accusations de violences sexuelles visant Patrick Bruel. Entre défense de l’État de droit et respect de la parole des plaignantes, elle refuse de signer la pétition contre l’artiste.
L’affaire Patrick Bruel s’invite au sommet de l’État. Interrogée par Thomas Sotto sur RTL, Aurore Bergé a clarifié sa position face aux accusations de violences sexuelles visant le chanteur. La ministre de l’Égalité refuse de soutenir l’annulation des spectacles de l’artiste, invoquant la liberté individuelle.
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Concernant la pétition réclamant la déprogrammation des concerts, la ministre est catégorique : « S’il chante c’est son libre droit, le sien, celui des producteurs, et celui des Français qui viendront ou qui ne viendront pas. » Elle décline cependant toute présence à sa pièce de théâtre pour éviter un « signal politique ».
Cette prudence ministérielle intervient alors que dix-huit femmes accusent le chanteur d’agressions sexuelles et de viol. Trois enquêtes sont actuellement instruites : deux en France pour des faits présumés à Saint-Malo et Mexico, et une troisième en Belgique pour une agression à Bruxelles.
Le chanteur de 66 ans, par l’intermédiaire de son avocat Christophe Ingrain, conteste l’intégralité des faits. Il affirme n’avoir « jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel ». En conséquence, il maintient sa tournée anniversaire « Alors Regarde 35 » et ses 57 représentations prévues.
Ce maintien est vivement contesté par le collectif Salon féministe. Soutenu par des personnalités comme Corinne Masiero ou Anna Mouglalis, le mouvement demande le retrait du chanteur. Pour ces signataires, une telle exposition médiatique fragilise les victimes présumées durant le temps de l’enquête judiciaire.
Au cœur de cette polémique, Aurore Bergé tente de concilier la présomption d’innocence et l’écoute des victimes. Pour la ministre, la complexité de l’affaire impose une approche nuancée car, selon ses propres termes, « il faut arriver à entendre les deux ».