Patrick Bruel : face aux appels au boycott, la ministre met le feu au débat
Alors que les demandes d’annulation de concerts se multiplient contre Patrick Bruel, visé par des accusations de viols et d’agressions sexuelles, la ministre déléguée chargée de l’Égalité femmes/hommes a renvoyé la responsabilité au chanteur.
Interrogée ce jeudi 21 mai sur les ondes de RTL, Aurore Bergé a estimé qu’il appartenait à l’artiste lui-même de « décider s’il souhaite être sur scène » ou non, malgréle climat de contestation actuel.
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La représentante du gouvernement a affirmé appréhender les réactions du public. Elle a ainsi déclaré « comprendre l’émoi de celles et ceux qui considèrent que ce serait inapproprié, qui n’ont pas envie de s’y rendre », tout en insistant sur le fait que la décision d’assister ou non aux spectacles relevait de la « liberté individuelle ».
Pour justifier sa position de neutralité, la ministre a rappelé la situation juridique actuelle du chanteur. Elle a précisé que si des accusations sont formulées, des plaintes déposées et une information judiciaire ouverte, l’artiste ne fait pour l’heure l’objet d’aucune condamnation.
Aurore Bergé refuse donc toute intervention officielle de l’État dans cette affaire. Elle craint qu’une injonction gouvernementale ne remette en cause un principe fondamental du droit français.
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« Si j’appelle solennellement Patrick Bruel à annuler ces concerts, vous imaginez bien l’interprétation immédiate qui en sera faite : il n’y a plus de présomption d’innocence », a conclu la ministre lors de son intervention radiophonique.