« La dernière fois que je l’ai vu, je savais que dans trois jours, il allait s’endormir. Et lui savait que dans trois jours, c’était fini », s’est rappelé Jean-François Kahn à propos de son frère cadet, ancien président de la Ligue nationale contre le cancer.

Ils étaient restés ensemble pendant 1heure et demi, et pendant 1h10, ils n’ont pas arrêté de rire aux éclats en évoquant des souvenirs communs.

Une semaine avant sa disparition, son frère lui avait fait une surprenante requête. Il voulait une « bouteille de Bourgogne, un vieux Comté, des cerises ».
Ils sont pris un plaisir fou.

« C’est d’ailleurs extraordinaire, à une semaine de la mort, le plaisir qui se lisait dans ses yeux à la vue d’un bon Bourgogne et d’un bon Comté », s’est souvenu le journaliste. « Il ne disait pas ’je meurs’, il disait ’j’ai vécu’.
Mais en effet, ça ne veut rien dire ’je meurs’, ’je meurs’, c’est un arrêt. Ce qui est formidable, c’est qu’on a vécu ». « Ce n’est pas la mort qui est terrible, c’est la joie d’avoir vécu tout ça ».