Netflix se rapproche dangereusement de France Télévisions
Les rapports de force sont en train de changer dans l’audiovisuel français. Netflix a investi 308 millions d’euros dans la création française en 2025 au titre de ses obligations légales, selon les données dévoilées par l’Arcom au Festival de la fiction de La Rochelle.
Dans le détail, environ 250 millions d’euros ont été consacrés à la production audiovisuelle et 58 millions au cinéma. Une enveloppe qui permet désormais à Netflix de revendiquer le statut de premier financeur privé de la création française.
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France Télévisions reste devant. Selon les mêmes indicateurs, le groupe public a investi 476 millions d’euros, dont 406 millions dans l’audiovisuel et 70 millions dans le cinéma. Mais l’écart pourrait se réduire beaucoup plus rapidement qu’attendu.
Martin Ajdari, président de l’Arcom, estime en effet que Netflix pourrait devenir, à l’horizon 2030, le premier financeur de la création audiovisuelle et cinématographique française, acteurs publics et privés confondus.
Cette projection prend une résonance particulière au moment où Delphine Ernotte annonce une nouvelle cure d’économies chez France Télévisions. Le groupe doit trouver 90 millions d’euros en 2027 et son investissement dans la création audiovisuelle, déjà ramené de 440 à 400 millions, pourrait tomber à 380 millions d’euros.
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Dans le même temps, le mouvement des plateformes s’accélère. Netflix, Disney+, HBO Max et leurs concurrents ont consacré ensemble 525 millions d’euros à la création en 2025, contre 397 millions un an auparavant, soit une progression de 32 %. À l’inverse, la contribution des chaînes traditionnelles a reculé de 8 %, à 1,118 milliard d’euros.
Il existe néanmoins une nuance importante derrière ces millions. L’Arcom souligne que les investissements des plateformes aboutissent à moins d’heures de tournage, moins d’œuvres financées et moins de diversité de genres que ceux des diffuseurs traditionnels. Le régulateur appelle donc parallèlement à préserver le financement de France Télévisions.
Le paradoxe est désormais installé : Netflix finance de plus en plus la création française au moment même où le principal groupe audiovisuel public doit réduire la voilure.





