Tout était parti d’une envie de travailler en famille. Une de ses filles souhaitait changer de voie et voyait dans le nom de Michel Sarran un point de départ pour une activité commune.

Le cuisinier évoque cette proposition dans un épisode du podcast Aneto, publié le 13 octobre.

« Elle souhaitait changer de vie en me disant “je suis sûre qu’on doit pouvoir faire quelque chose avec ton nom” », a-t-il fait savoir.

Ce projet a pris la forme de Croq’Michel, une enseigne consacrée aux croque-monsieur, lancée en 2020 et dont la fermeture des boutiques a été annoncée en août 2023. Dans son témoignage, le chef décrit pourtant des débuts encourageants, notamment avec une concession à la gare du Nord. « Ça marchait très, très bien », explique-t-il, tout en soulignant l’importance des sommes personnellement engagées. ladepeche.fr

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« Nous ne sommes pas des développeurs »

Avec le recul, Michel Sarran identifie une difficulté qui dépassait la cuisine. « Nous ne sommes pas des développeurs. Ça, c’est un autre métier », reconnaît-il. Selon son analyse, le concept nécessitait un déploiement à grande échelle et la création d’une franchise pour devenir intéressant économiquement. Une ambition qui exigeait d’autres compétences que celles mobilisées dans son restaurant.

L’investissement personnel, puis les difficultés liées au Covid, ont lourdement pesé. Le bilan qu’il rapporte atteint un million d’euros perdu.

Cette somme, il l’ avait déjà évoquée auprès de La Dépêche du Midi en mars dernier.

« J’ai eu un moment où je ne dormais pas la nuit. J’ai pleuré », confie-t-il. À l’approche de ses 60 ans, il dit avoir redouté de tout perdre. Pour repartir, il s’est appuyé sur ses capacités professionnelles et a signé de nouveaux contrats, sans préciser lesquels ni affirmer avoir récupéré l’argent engagé.

L’échec n’aurait toutefois pas abîmé ses relations avec ses filles. C’est aussi ce qu’il retient de cette période éprouvante : avoir pu avancer tout en préservant leur lien. « Aujourd’hui de ça, j’en suis sorti et je suis fier de l’avoir fait », conclut-il.