« Son dernier regret » : Isabelle Mergault et ce combat qu’elle n’a pas pu terminer
Emportée le 20 mars dernier par un cancer des poumons à l’âge de 67 ans, Isabelle Mergault laisse derrière elle un immense vide, mais aussi une blessure intime qu’elle n’aura pas eu le temps de panser. L’actrice et réalisatrice s’est éteinte avec un lourd regret : celui de ne pas avoir pu mener à terme les [procédures administratives pour transmettre officiellement son patronyme à sa fille adoptive.
L’histoire commence en 2010, lorsque la sociétaire des Grosses Têtes croise le regard de Maya. À l’époque, elle opte pour une « adoption simple », une démarche de cœur qui permet à l’enfant d’intégrer sa nouvelle famille tout en conservant des liens avec ses parents biologiques d’origine nigérienne.
Quelques années plus tard, par pur altruisme et pour ne pas briser la fratrie, Isabelle Mergault recueille Iris, la sœur de Maya. Cependant, si l’amour était immédiat, la reconnaissance légale, elle, s’est heurtée à la rigidité de l’administration française.
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Par ailleurs, les confidences de son meilleur ami, le comédien Jean-Louis Barcelona, révèlent l’ampleur du combat mené par l’artiste dans l’ombre. Dans les colonnes de Paris Match, il explique que l’actrice avait entamé les démarches nécessaires il y a environ un an, en pleine tournée de sa pièce Le Bracelet. Son vœu le plus cher était que la petite Iris porte enfin le nom de Mergault. Hélas, malgré sa détermination, elle a dû faire face à une procédure jugée « interminable » et d’une complexité décourageante.
Toutefois, cette bataille pour un nom n’était pas qu’une question de papier, mais le symbole d’un ancrage définitif. Maya (17 ans) et Iris (12 ans) ont grandi dans les coulisses des théâtres, bercées par la voix éraillée et l’humour décapant de leur mère. « Maya, on l’a connue toute petite, elle arrivait sur les pièces avec le couffin. Elle nous regardait jouer », se souvient avec émotion Jean-Louis Barcelona. Ce lien filial, bien que profond et sincère, restera marqué par ce rendez-vous manqué avec l’état civil, faute de temps face à la maladie qu’elle avait choisi de taire.
En résumé, Isabelle Mergault s’en est allée en laissant deux jeunes filles soudées, mais une situation juridique en suspens. Ce départ brutal met en lumière la lourdeur des protocoles d’adoption qui, parfois, ne parviennent pas à suivre le rythme du cœur et des urgences de la vie.
Pour Maya et Iris, le nom de Mergault ne figurera peut-être pas sur tous leurs documents officiels, mais il restera à jamais gravé dans leur héritage affectif comme le synonyme d’une liberté et d’une protection inconditionnelles.
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Source : Témoignages de Jean-Louis Barcelona recueillis par le magazine Paris Match, mars 2026.