De l’ami d’enfance à l’adversaire judiciaire. Pendant des décennies, l’homme de loi a compté parmi les hommes les plus proches du prince Albert de Monaco.

Les deux hommes ont grandi ensemble sur le Rocher avant que l’avocat ne devienne le conseil personnel du souverain durant une vingtaine d’années. Leur relation appartient désormais au passé.

Et le fossé entre eux vient encore de se creuser.

Samedi 5 septembre, Thierry Lacoste a été inculpé notamment pour association de malfaiteurs, corruption active sur un agent public national en bande organisée, trafic d’influence passif en bande organisée et blanchiment, a indiqué le parquet monégasque. Il a été placé sous contrôle judiciaire.

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136 millions d’euros et un ancien proche désormais face au Palais

Au centre de cette procédure se trouve l’Esplanade des Pêcheurs, un vaste projet immobilier interrompu à Monaco.

Après l’abandon de l’opération, l’État monégasque avait été condamné à indemniser le groupe Caroli à hauteur de 136 millions d’euros, hors intérêts courant depuis 2018.

L’enquête cherche désormais à déterminer les conditions dans lesquelles certains protagonistes ont pu intervenir autour de ce contentieux. Thierry Lacoste est notamment soupçonné d’avoir utilisé son influence au bénéfice d’intérêts privés. Ces soupçons restent à ce stade à établir judiciairement. L’avocat est présumé innocent jusqu’à sa condamnation.

L’affaire prend une dimension particulière pour Albert II : le prince s’est lui-même constitué partie civile dans la procédure, suite à une plainte initialement déposée en 2023 par le promoteur Patrice Pastor.

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Thierry Lacoste conteste fermement les accusations. Sa défense dénonce une « inculpation de commande » et estime que la justice monégasque serait instrumentalisée.