« Vous savez Fabien Roussel, on peut arrêter là cette interview ». Lundi 21 septembre, Benjamin Duhamel a envisagé d’écourter son échange avec le secrétaire national du Parti communiste. L’entretien s’est finalement poursuivi, mais cette phrase a marqué le point culminant d’un désaccord qui dépassait alors le sujet initial : la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

Tout commence par des relances que Fabien Roussel juge trop insistantes. Après avoir évoqué une « escalade guerrière de l’OTAN », le responsable politique s’agace d’être interrompu. « Et si vous voulez faire des éditos au lieu de me poser des questions, vous me le dites », lance-t-il. Benjamin Duhamel lui oppose une autre lecture : « J’essaye juste d’obtenir des réponses, Fabien Roussel ».

L’un dénonce les interruptions, l’autre réclame une réponse

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Derrière cette passe d’armes, une question précise revient. Fabien Roussel défend la nécessité d’un dialogue avec Moscou et critique les choix diplomatiques européens et français. Le journaliste lui demande si Vladimir Poutine souhaite, lui aussi, dialoguer avec les Européens. Son invité poursuit son argumentaire, sans s’arrêter sur cette nouvelle relance.

C’est à ce moment que Benjamin Duhamel évoque la possibilité de mettre fin à l’interview. Il invoque l’intérêt du public : « J’essaye de façon tout à fait courtoise et loyale de vous poser des questions, vous n’y répondez pas ». Fabien Roussel conteste aussitôt : « Mais si ! » Le désaccord porte désormais autant sur la manière de répondre que sur le fond de la discussion.

La scène met ainsi face à face deux exigences qui se heurtent : pouvoir développer son raisonnement sans être coupé, et obtenir une réponse à une question ciblée. Chacun estime que l’autre empêche l’échange d’avancer. L’accusation d’« éditos » formulée par Roussel répond à celle d’esquive exprimée par Duhamel, sans que l’un accepte le reproche de l’autre.

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Le journaliste pose finalement à nouveau sa question sur la volonté de dialogue du président russe. Puis l’entretien continue et aborde d’autres sujets, selon le récit de Puremédias. Personne ne quitte donc le studio dans la séquence rapportée. La proposition d’arrêt aura surtout exposé leur désaccord sur ce qu’une interview doit permettre : expliquer une position, mais aussi accepter qu’elle soit questionnée.