Deux mois après son arrivée sur la chaîne d’information, l’ancienne figure de CNews voit son nom revenir au cœur d’un débat sur la ligne éditoriale de son nouvel employeur.
Et cette fois, les critiques ne viennent pas uniquement de personnalités extérieures à la rédaction.
Dans une enquête publiée le 26 octobre par « Le Parisien », plusieurs salariés évoquent un climat particulièrement tendu, après un week-end durant lequel des reporters ont été insultés, pris à partie ou blessés en couvrant l’actualité.
Au milieu de ces témoignages, un journaliste s’interroge sur la manière dont certaines interviews politiques sont conduites sur BFMTV.
Il vise notamment Sonia Mabrouk, dont l’émission occupe une partie stratégique de la tranche du soir.
Mais sa déclaration comporte une nuance importante.
Tout en jugeant que la présentatrice possède un « prisme très droitier », ce salarié reconnaît qu’elle a récemment su reprendre Éric Zemmour au cours d’un entretien.
Cette appréciation mesurée est bien loin d’une remise en cause radicale de son travail.
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Sonia Mabrouk : une critique interne qui reconnaît aussi sa fermeté face à Éric Zemmour
« Sonia Mabrouk, qu’elle le veuille ou non, a un prisme très droitier dans ses interviews, même si elle a bien recadré Éric Zemmour la dernière fois », confie ce journaliste, cité par « Le Parisien ».
Cette phrase résume une partie du débat qui traverse BFMTV depuis le recrutement de la présentatrice.
En février dernier, l’annonce de son arrivée avait déjà suscité des réserves au sein de la Société des journalistes.
En septembre, les syndicats SNJ et CGT avaient également critiqué certaines séquences de son émission, notamment un entretien avec Sarah Knafo.
Sonia Mabrouk avait contesté ces mises en cause. Et à l’époque, plusieurs personnalités de la chaîne, dont Olivier Truchot, avaient publiquement pris sa défense.
La direction avait elle aussi rappelé son attachement au pluralisme des opinions.
Les nouvelles confidences recueillies par « Le Parisien » montrent toutefois que le débat n’est pas entièrement refermé.
Mais elles apportent également une précision : même parmi les journalistes qui émettent des réserves sur son approche, certains reconnaissent sa capacité à contredire un invité politique.
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BFMTV : quatre équipes prises à partie, puis une interview annulée
Ces tensions éditoriales surviennent après plusieurs incidents particulièrement préoccupants pour les journalistes de terrain.
Samedi 24 octobre, à Trappes, dans les Yvelines, une reporter et sa caméraman ont été poursuivies par des individus hostiles, malgré la présence de deux agents chargés de leur protection.
Selon une source interne, les deux professionnelles auraient été prises pour des journalistes de CNews.
La veille, une autre équipe avait déjà été insultée dans la commune.
D’autres incidents ont été signalés lors des mobilisations du week-end.
À Paris, un journaliste de BFMTV a reçu un coup de matraque au mollet pendant une charge policière. À Marseille, une consœur a été blessée à la jambe par un pavé.
Au total, quatre équipes ont été concernées par des violences ou des intimidations, selon les représentants des salariés.
La Société des journalistes a condamné ces agressions et rappelé qu’aucun reporter ne devrait travailler dans la crainte d’être attaqué.
Dans le même temps, BFMTV devait recevoir Éric Zemmour le samedi 24 octobre à 21 heures.
L’interview avait été programmée avant l’attaque raciste meurtrière survenue la veille à Trappes. La chaîne a finalement décidé de l’annuler. Il était expliqué que la décision avait été prise après les événements des Yvelines.
De son côté, Éric Zemmour a dénoncé une forme de censure.
La direction de BFMTV a, quant à elle, rejeté les accusations visant sa ligne éditoriale et dénoncé une campagne de dénigrement touchant notamment Sonia Mabrouk.
La journaliste se retrouve ainsi au centre d’une situation complexe.
Et la confidence de ce journaliste anonyme révèle au moins une chose : les critiques internes visant Sonia Mabrouk n’empêchent pas de lui reconnaître certaines qualités dans l’exercice de son métier.





