« Quand le silence se brise, quand la parole se libère et qu’elle est enfin relayée parce qu’il n’est plus possible de remettre en cause le témoignage de dizaines d’actrices devenues célèbres, le scandale éclate et révèle de manière spectaculaire le système de prédation dans toute sa monstruosité », poursuit Isabelle Adjani, nommée deux reprises pour l’Oscar de la meilleure actrice.

« Ce qui était acceptable pour l’opinion sans être dit, devient inadmissible, insupportable, surtout dans un pays très puritain, en apparence, comme les États-Unis », indique par ailleurs celle qui s’est délestée de près de 45 kilos .
Et d’évoquer ensuite le cas de la France. « En France, c’est autrement sournois » estime Isabelle Adjani, en vertu des "trois G : galanterie, grivoiserie, goujaterie. Glisser de l’une à l’autre jusqu’à la violence en prétextant le jeu de la séduction est une des armes de l’arsenal de défense des prédateurs et des harceleurs ».

L’actrice en profite pour rappeler que dans libertinage « il y a liberté et que quand une femme dit non, elle dit non, que son corps lui appartient et qu’elle seule est libre d’en disposer. Quand une actrice se fait séduisante pour décrocher un rôle, ce n’est pas pour se faire violer ?! ».