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DARIO ARGENTO

DARIO ARGENTO

Dario Argento naît à Rome le 7 Septembre 1940. Enfant de la balle, son père Salvatore est producteur, sa mère Elda Luxardo est une célèbre photographe Brésilienne, il hérite de ses parents l’amour du cinéma et de l’intérêt pour la photographie.



En cultivant sa passion, il débute dans le journalisme, d’abord comme correcteur d’épreuves, par la suite comme critique de cinéma, en se rangeant surtout du coté des policiers et des westerns. Son nom prend de la valeur et quelquesuns de ses articles sont publiés dans Les Cahiers Du Cinéma. Dans l’année, il a une première expérience cinématographique en jouant un rôle dans le film de Alberto Sordi: « Scusi, lei e favorevole o contrario » (1966). En 1968 Sergio Leone l’appelle pour collaborer à l’adaptation de « Il était une fois dans l’ouest ». Cet événement offre à Dario Argento l’occasion d’entrer dans le monde du cinéma et d’en devenir une partie active. D’autres oeuvres suivent qui nous montrent le scénariste, nouveau-né mais talentueux, travailler avec des maîtres comme Giuseppe Patroni Griffi (« Metti una sera a cena ») et Tonino Cervi (« Oggi a me… Domani a te ») jusqu’au moment où, pendant des vacances en Tunisie, il conçoit le scénario de « L’oiseau au plumage de cristal ». Cette fois il décide de ne pas vendre son idée: il se sent prêt pour passer à la réalisation et, en s’associant avec son père, il fonde la S.E.D.A. (Salvatore et Dario Argento), maison de production avec laquelle il réalisera tous ses films suivants jusqu’à « Suspiria ». « L’oiseau au plumage de cristal » affronte un marché particulièrement difficile. Il s’agit d’un thriller aux atmosphères terrifiantes, constellé de crimes atroces. Un genre pas très couronné de succès et peu fréquenté en Italie. Mario Bava, avec ses bandes inspirées du gothique et du policier, avait réussi à se gagner l’estime d’une critique française. Peu d’autres metteurs en scène du pays, parmi lesquels Riccardo Freda, Lucio Fulci, Antonio Margheriti et Umberto Lenzi, ont tenté le chemin du cinéma de la peur, avec une faible réponse du public et de la critique. Dario Argento emprunte les canons du thriller et du film policier, en les ré interprétant avec génie et en jetant les bases d’un nouveau genre. Il captive le public et le laisse dans un labyrinthe embrouillé, où le suspense est effacé par l’angoisse. Et c’est ainsi que dans la première oeuvre du metteur en scène nous trouvons déjà une grande partie des thèmes qui domineront son cinéma, et qui en feront un cinéma d’auteur. L’assassin principal est une femme. Elle s’appelle Monica Ranieri, mais elle n’est pas la seule. Délirants et désespérés, disposants d’une grande force physique et d’une capacité d’omniprésence qui fait horreur, ces personnages sont l’incarnation d’une folie incroyablement maline, qui se montre dans les moments les plus inattendus. Le mal est caché autour de nous, c’est ce que semble nous dire le metteur en scène, et quelquefois il est si bien caché que seul un oeil attentif peut réussir à saisir le détail révélateur qui démasque le tueur. Il veut ainsi nous montrer à quel point les apparences sont trompeuses. En 1971, exactement un an après son premier film, Argento (maintenant adoré par les distributeurs de films) réalise sa seconde oeuvre: « Le chat à neuf queues ». De tous ses films, celui-ci est le plus lié aux règles classiques du thriller, peut-être le seul qui manque d’originalité narrative. Cette fois Argento aborde le thème de la méchanceté d’une façon plus explicite, en nous la proposant comme une maladie héréditaire et donc difficilement contrôlable. On éprouve presque de la pitié, en suivant le jeune médecin Casoni dans sa course violente et désespérée, pour éviter qu’on découvre sa vrai nature qui le conduira a un final tragique. Dans la distribution du film, Kark Malden, glorieux acteur hollywoodien paru dans des films de Ford, Hitchcock, Kazan, se taille la part du lion en compagnie de James Franciscus et Katerine Spaak. Après la sortie du « Chat à neuf queues », Argento n’attend pas longtemps et, la même année, met en circulation un troisième film, « Quatre mouches de velours gris ». Dans ce film là, il se rattache aux argumentations développées dans sa première oeuvre. Il nous présente un des plus controversés et terrifiants symboles de fou homicide sous les traits de la blonde et androgyne Mimsy Farmer. Une femme est encore l’incarnation de la méchanceté, du délire et de la menace qui tournent autour d’une personne qui elle, ignore tout et donc, s’en trouve sans défense. Revoici le thème du meurtrier qui est enregistré par l’oeil de la victime et qui reste même après la mort. Le meurtrier est plongé dans un contexte trompeur et nécessaire à la résolution de l’atroce énigme. En refusant toujours la parenté avec Hitchcock qu’on lui a attribuée, Argento nous révèle dans cette histoire un modèle qui lui est plus conforme, en plaçant la maison du protagoniste dans une hypothétique rue Fritz Lang. ‘Avec le grand metteur en scène allemand émigré en Amérique, Dario Argento a en commun, peut-être, l’idée du mal qui se cache dans l’individu, qui le pousse à des actions horribles et qui le dirige vers un destin tragique auquel il est impossible d’échapper’ (*). En narrant l’histoire d’un faux mariage qui voit une femme essayer de conduire son mari à la folie, « Quatre mouches de velours gris » se montre comme une oeuvre partiellement autobiographique. Il dénonce les affres du divorce qu’il a enduré avec Marisa (qui lui avait donné sa première fille Fiore). Dans la vie sentimentale de Argento fait irruption la belle actrice Marilù Tolo, ex mannequin, qui a joué un rôle dans son film suivant, « Le cinque giornate » en 1973, la seule excursion de l’artiste romain dans un genre différent du thriller et du fantastique. « Le cinque giornate » aborde une glorieuse page du Risorgimento italien. Conduit par la philosophie libertaire de son auteur, le film nous raconte l’histoire de deux amis, Cainazzo le malfaiteur et Romolo le boulanger, qui sont impliqués, sans le vouloir, dans les mouvements anti-Autrichiens qui bouleversent Milan en 1848. Il s’agit de symboles humains qui ne comprennent pas la portée des événements qui les renversent et dans lesquels ils s’immiscent, sans être capables de les déchiffrer. Cette fois le détail significatif est enregistré par un oeil inattentif, ignorant tout, comme toujours, mais aussi désintéressé, d’un personnage inutile à soi-même et aux autres. La critique démolit le film en accusant l’auteur d’indifférentisme et en l’invitant à retourner au genre qui est fait pour lui. Argento, déçu peut-être plus que les autres par son dernier travail, accepte l’exhortation et réalise l’oeuvre la plus célébrée qui le reconnaîtra comme maître du thriller. Dans la même année Argento coopère avec la télévision italienne, en produisant une série en quatre épisodes appelée « La porta sul buio » et en mettant l’un deux en scène (« Il tram ») sous le pseudonyme de Siro Bernadotte. Les frissons de l’angoisse » voit le jour en 1975, deux ans après la faillite de « Le cinque giornate ». Dans la distribution du film nous trouvons Daria Nicolodi qui interprétera ensuite beaucoup d’autres films du metteur en scène. Elle occupera une place importante dans sa vie sentimentale et lui donnera sa fille cadette, Asia. En plus, le film signe la naissance d’une rentable coopération artistique avec les Goblins, un groupe qui composera des musiques efficaces pour les oeuvres suivantes. Le film représente le sommet de la carrière d’Argento et on y découvre, dans une exaltation extrême, tous les thèmes dominants de son cinéma, mélangés dans ‘une approche enchantée et sinistre pas très différente de celle qu’on retrouve dans les contes doux et cruels des frères Grimm’ (*). Argento veut jouer encore plus avec les émotions du spectateur et à côté de l’angoisse d’un événement si fou et si terriblement plausible, il introduit des descriptions de meurtre soigné dans tous leurs détails, en soumettant le public à des visions affreuses. ‘La main du tueur frappe toujours là où on l’attend le moins. La victime met du temps avant de mourir. Le corps subit des massacres de plus en plus féroces et la mort parait un soulagement, une fuite, une délivrance de la terreur…’ (*). La recherche exaspérée du personnage se développe amplement aussi bien dans la trame que dans la technique de prise de vue. Des objets, qui d’un autre point de vue sembleraient absolument inoffensifs, révèlent une réalité, épouvantable, cachée, qui nous permet de deviner ce qui s’est passé et ce qui pourrait se passer. Les couleurs, très fortes comme les sensations que le metteur en scène veut nous inspirer, possèdent au même titre que la musique une importance fondamentale. Par ces moyens il construit des ambiances inquiétantes, où la victime et le spectateur vivent dans l’attente spasmodique de quelque chose d’inéluctable. Et même quand il semble que tout est résolu, l’imprévu surgit, troublant la tranquillité temporaire, replongeant tout dans l’incertitude, et en faisant ré exploser les peurs. Comme pour nous faire comprendre qu’il est vital de faire attention aux détails apparemment insignifiants. Le succès des « Frissons de l’angoisse » est sensationnel et, à la grande stupéfaction du public, Argento annonce que le film suivant ne sera pas un thriller, pourtant terrifiant et onirique, mais un film d’horreur en bonne et due forme. « Suspiria », et aussitôt après « Inferno », représentent une brève parenthèse dans la carrière d’Argento, qui se plonge dans l’ésotérisme pour narrer deux contes de cauchemar en version moderne. Au début des bandes, Argento même nous introduit d’une allure sombre dans l’inéluctabilité de l’événement. Une sorte de « Il était une fois… » contemporain et beaucoup moins rassurant que les prologues des contes de fées pour les enfants. En étant sous le charme des légendes et de la sorcellerie, il développe des trames où les événements ne se succèdent pas par enchaînements logiques , mais plutôt où ils sont guidés par on ne sait quelles forces mystérieuses et mauvaises, qui conduisent les personnages et le spectateur dans un crescendo d’anxiété, d’angoisse, de panique… Non soumis aux liens sévères de la rationalité, le narrateur donne libre cours à ses rêveries, à ses peurs (comme il admet, lui-même). Il nous bouleversent par une mosaïque, d’événements inattendus, inexplicables (savamment développée) et ainsi plus suggestif et désorientants encore. Argento peint avec brio des milieux surnaturels, imprégnés d’une atmosphère inquiétante et en même temps séduisante, celle-ci enveloppe les personnages, victimes d’un complot dont ils ne peuvent pas comprendre l’étendue: il ne reste qu’à s’enfuir ou s’armer de courage pour l’affronter dans un dernier combat apocalyptique. Pour la bande sonore la coopération avec les Goblins est encore une fois précieuse et ils réalisent, en composant « Suspiria », l’un des morceaux les plus suggestif dans l’histoire de la musique de film. Pour « Inferno », oeuvre dans laquelle la musique joue un rôle plus important que dans tous ses autres films, le metteur en scène choisit Keith Emerson. La critique célèbre « Suspiria » mais ‘réserve à « Inferno » un accueil fait de suffisance, quelquefois de dérision, en général d’indifférence. Même le publique montre une fléchissement de son intérêt. Argento, très attentif aux tremblements et aux tendances du marché, quitte immédiatement le genre et revient au thriller’ (*) en écrivant l’histoire de « Ténèbre » qui, en dépit du titre, est beaucoup moins nocturne qu’on peut s’y attendre. L’idée pour le nouveau film naît pendant un voyage en Amérique: le metteur en scène italien révélera à la presse qu’il a reçu d’un anonyme une série de menaces. Il expliqua aussi que ses films ne sont que la matérialisation des peurs qui planent sur sa psyché. « Ténèbre » se révèle être un bon film policier, bien agencé et assez truculent pour satisfaire les aficionados désormais exigeants. Avec une distribution du film inadaptée mais des bonnes musiques (chers, vieux Goblins !), il se sert de quelques nouvelles trouvailles pour augmenter le taux d’adrénaline. ce stade de son parcours artistique, surgit une sort de crise où il semble presque qu’Argento craigne de ne plus être ce qu’il avait été. Le film qui suit est le résultat de la coopération avec le scénariste Franco Ferrini (« La cicala » de Alberto Lattuada, « Invito al viaggio » et « Etoile » de Peter Del Monte) qui semble être plus doué pour la description de scènes individuelles que pour le développement d’une complexe et correcte intrigue narrative. « Phenomena » ressemble à une sorte de remake disjointe de « Suspiria », avec des séquences en vidéo-clip et une exaltation du détail, au détriment d’une clarté et d’une cohésion de la trame. Les images et l’atmosphère du film captivent le spectateur, qui se détourne du processus d’accumulation des informations, et recherche une cohérence. Si l’on ajoute les nombreux renvois aux films d’horreurs américains de série B et une bande sonore principalement Hard Rock (sans rien ôter à tous les deux), Argento a réalisé une oeuvre absolument incomparable aux précédentes. Faisant équipe avec Franco Ferrini il conçoit « Opera », qui est accompagnée d’un halo d’incommodités, de nouvelles annoncées et puis rétractées. L’idée à l’origine du film naît d’un conflit entre le metteur en scène et le théâtre italien de Sferisterio (à Macerata) qui d’abord lui propose la régie du « Rigoletto » de Verdi. Il change ensuite d’idée, et s’indigne des intentions d’Argento (on dit qu’il voulait représenter le duc de Mantoue comme un vampire). Puis, le bruit court qu’il adapter le rôle de la protagoniste pour Giuliana De Sio. Par la suite, pour des raisons inconnues, elle sort de scène et le personnage est confié à Christina Marsillach, trop jeune pour être crédible dans le rôle d’un soprano acclamé. Pendant la préparation, un autre événement déplaisant semble confirmer les voix superstitieuses d’une malédiction sur « Opera »: Argento et Daria Nicolodi, déjà séparés depuis longtemps, sont incarcérés et relâchés deux jours après suite à la découverte chez eux d’une très modeste quantité d’haschisch. Réalisé donc dans une atmosphère incertaine et tendue, le scénario du film s’en ressent légèrement, même si la vive imagination du metteur en scène ne manque pas de nous étonner avec des atrocités de plus en plus malsaines. Des atrocités , même si elles peuvent paraître peu vraisemblable, comme la torture que l’assassin fait subir à Betty (un clin d’oeil à « Orange Mécanique » de Stanley Kubrick), en l’obligeant à regarder les meurtres avec des épingles qui empêchent aux paupières de se fermer. En continuant de produire (« Démons » et « Démons II » de Lamberto Bava, « Sanctuaire » de Michele Soavi), Argento coopère encore une fois avec la télévision, en soignant une partie du show « Giallo » et en réalisant pour le petit écran une série de neuf court métrages sanguinolents qui suscitent d’âpres polémiques d’un certain public pas encore sevré. Trois ans après la sortie de « Opera », Argento tourne un épisode de « Deux yeux maléfiques », un film dirigé à quatre mains avec l’aide de George A. Romero. L’oeuvre est inspirée de deux contes de Edgar Allan Poe: « L’étrange cas de monsieur Valdemar » et « Le chat noir ». Ce dernier est adapté par le metteur en scène romain, coopérant encore une fois en avec Ferrini, et cela se révèle la rencontre la plus heureuse des deux scénaristes. Dario Argento ne peut nier l’influence du grand écrivain. Il écrit lui même dans un article de la revue italienne « Profondo Rosso »: ‘Je ne me souviens plus du conte avec lequel j’ai rencontré Edgar Allan Poe, quand j’était enfant. Mais je me souviens qu’il fut une rencontre fatale. Il ne changea peut être pas ma vie, mais il introduisit dans mon esprit une turbulence, une anxiété, quelque chose d’indéfinissable qui me rendit pour longtemps extravagant et un peu triste. Où peut-être, il fit jaillir de mon esprit l’extravagance et la tristesse qui, comme des mites en hiver, y couvaient…’ Et puis encore: ‘Il y a eu un temps où j’étais de l’autre côté, c’est-à-dire du côté des écrivains qui très souvent voient au ciné trahir leurs histoires… Il s’agissait des mes débuts dans le monde du cinéma et j’étais scénariste… Eh bien, je n’ai jamais pensé que mes adaptations ou mes sujets aient été mis en scène d’une façon fidèle… maintenant, depuis presque vingt ans, j’ai fait à mon tour une sorte de vol, j’ai réalisé avec « Deux yeux diaboliques » un film tiré d’un conte de Poe. Pour des motifs contingents (la reconstitution moderne, les temps cinématographiques inadéquats… une mise à jour des goûts du public et des mes tendances personnelles) j’ai modifié ou étendu le segment du film en y introduisant d’autres contes de Poe. Toutefois je crois que je n’ai pas déformé le récit du grand écrivain de Boston… ou au moins, j’ai gardé un peu de son esprit et cela représente pour moi, déjà un bon résultat. Et si vous voulez je vous rappelle Fellini, avec son « Tre passi nel delirio », c’est aussi tiré de Poe. Son film, était-il fidèle au conte ? Oui, dans l’esprit mais pas dans les faits, c’est-à-dire dans son déroulement. Ca peut arriver.’ Pendant les années qui suivirent, Argento effectua une manoeuvre commerciale pour étendre son public, et son portefeuille, en ouvrant une chaîne de boutiques des horreurs dans plusieurs villes italiennes (Milan, Rome, Ferrare…) et en produisant deux séries de BD: « Profondo Rosso » et plus tard « Tenebre » qui présentent, à coté des vieilles BD américaines, des oeuvres italiennes d’une facture vraiment mauvaise. Trois ans après la sortie de son dernier film, voilà dans les salles le si longtemps attendu « Trauma », annoncé par Argento comme un cadeau pour tous ceux qui lui avaient sollicité plusieurs fois un second « Profondo Rosso ». Dans le casting de « Phenomena », le metteur en scène avait voulu sa fille aînée Fiore, en créant pour elle un rôle peu significatif. Maintenant c’est à Asia Argento de jouer un film de son père, en protagoniste, en compagnie de Christpopher Rydell, lui aussi enfant de la balle. Une autre présence remarquable est celle de Piper Laurie (jouant la mère d’Aura), qui était déjà une mère terrible dans « Carrie » de Brian De Palma. L’histoire du film semble faite sur mesure pour Asia qui de toute façon ne trompe pas l’attente, en jouant le rôle d’une jeune anorexique avec beaucoup de conviction, trop peut-être. La recette est toujours la même: il y a un maniaque homicide qui aime couper les têtes de tout le monde, en utilisant un joli instrument, dernier produit de l’imagination d’Argento. Il y a aussi des personnages prédestinés (Aura et David) autour desquels le carrousel des meurtres tourne comme un fou. Mais maintenant le sens du film est beaucoup plus explicite et les cruautés commises, l’intrigue policière, semblent simplement un prétexte pour nous raconter, peut-être dénoncer, le problème d’Aura, symbole d’une adolescence pénible et vécue dans l’indifférence amoureuse de la famille. Encore une fois l’assassin fou est une femme, une mère dont le fils devient une victime involontaire comme dans « Les frissons de l’angoisse », mais avec le grand chef-d’oeuvre, « Trauma » a peu de chose en commun. L’histoire se déroule d’une façon lente et dépourvu de suspense, par moments ennuyeuse, même si des séquences de grand cinéma ne manquent pas, comme l’incursion du petit curieux chez le maniaque. Désormais le cinéma d’Argento est devenu prévisible et un vrai fan du metteur en scène serait capable de découvrir l’identité de l’assassin dans les trente premières minutes de projection. La surprise, le mal inattendu qui éclate dans toute sa fureur ne sont plus présents dans l’évolution de l’histoire. Après la vision du film on a la mauvaise impression que Argento, roi de la terreur, est en train de capituler, et c’est avec les larmes aux yeux que nous nous rappelons les dernières séquences splendides de la bande, qui n’évoquent que trop l’age d’or du metteur en scène et qui heureusement nous permettent d’espérer encore. Nous verrons si Dario sera capable pour un moment de détourner son attention de sa recherche fébrile de l’approbation, pour nous donner encore des émotions mémorables…





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