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Un cœur en hiver

Un cœur en hiver

Un cœur en hiver est un film français de Claude Sautet sorti en 1992.



Maxime (André Dussolier) et Stéphane (Daniel Auteuil) sont amis et travaillent ensemble dans le décor feutré d’un atelier de lutherie. Maxime tombe amoureux d’une violoniste (Emmanuelle Béart) indépendante et séduisante qui répond au désir de protection de cette nature mélomane mais sans état d’âme. L’attitude retenue de son ami Stéphane, exaspère Camille qui y voit une nature sceptique à l’opposé de sa généreuse féminité. Stéphane se livre alors à une forme toute impersonnelle (ou inconsciente?) de séduction tandis que Camille s’exhauste dans le sentiment amoureux le plus pur. Pétrifié par cette demande de reconnnaissance absolue, Stéphane devient « ce cœur en hiver » qui perd l’accès à l’autre (Camille) et du même coup à lui-même. Rien n’est définitif ou tragique (c’est le parti-pris de cette comédie romantique dont le genre est mieux connu dans la critique littéraire anglo-saxonne sous le nom de (en) Romantic comedy), puisque c’est la mort du maître de violon tant aimé (Maurice Garrel) qui rappelle Stéphane aux vivants. Mais contrairement au ton nostalgique et légèrement désabusé que l’on retrouve dans les films des années 70 du même réalisateur, celui-ci se donne à lire comme une leçon philosophique (un peu comme si Claude Sautet mettait « les choses de la vie » à l’étude, comme s’il découvrait dans ce film que les épreuves de notre relation à l’autre pouvaient être le motif de notre capacité à nous transformer nous-mêmes) : issues d’une même tentation de nier l’évidence, les blessures de la (re)connaissance de soi et celles que nous infligeons à l’autre ne seraient-elle pas les deux faces d’une même réalité ?





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